mercredi 15 août 2007
the end...
Pour la suite, je pense passer quelques jours entre Grenoble, l'Ardeche et le Diois pour les opportunites de travail (mamamia! que ce mot me fait mal...) et peut-etre un dernier festival d'ete?
Je monterai en septembre sur Paris pour 2 ou 3 semaines je pense.
J'essaierai aussi de developper ma quinzaine de pellicules, en esperant une petite expo a l'occasion...
Je vous remercie de votre soutien, votre participation ou simplement votre curiosite a la lecture. Et vous dis, la gorge serree, a bientot...
mercredi 8 août 2007
chi va piano...
Petit retour en arriere quand meme puisque chaque region a son interet et son caractere. La derniere pause, c'etait Rome. Etonnante capitale qui s'etale, en gardant une dimension humaine. Le centre avec ses ruines antiques et son epoque baroque se decouvre a pied. Par contre pour connaitre la Rome moderne, ma seule reference c'est Davide qui m'a heberge, nourri, coiffe, etc. pendant ces quelques jours. Et c'est un peu le stereotype qu'on a de l'italien : beau gosse dynamique et souriant, qui n'aime pas etre seul mais qui adore les bons restos, et tout ce qui est a la mode technologique ou vestimentaire... Je l'ai rencontre dans le sud grace a Mathias et Biba, des sud americains rencontres en Jordanie! Entre ces deux etapes, il y avait Napples, mais la j'ai du rater quelque chose. Napples est enorme...mement sale! Les vieux quartiers sont interessants au niveau urbanisme mais je n'y ai senti ni chaleur humaine ni dynamisme culturel. En venant j'esperait au moins y voir les collages poignants de Pignon Ernest, je ne les ai pas trouves... a Pompei, j'esperait entendre un peu le gong magique de Roger Waters, j'ai aussi passe mon chemin... Je dirais meme que j'ai fuis cette region! La plus longue etape c'etait Puglia, le talon de l'Italie. La, c'est le rythme de la journee qui m'a trouble. C'est piano le matin, molto lento de midi a six et andante le soir. Et moi qui vit au rythme du soleil... mais la tout se vit la nuit : des festivals gratuits avec du bon jazz comme Paolo Fresu, la pizzica, danse traditionnelle qui reunit toutes les generations, et les sagras : pane, pomodoro, birra, bruschetta, patata ou emigrante... y en aura pour tout le monde... pour le decor c'est pas mal non plus : villages aux murs blanchis a la chaux (ca donne parfois une ambiance macabre le soir, quand les petits vieux s'assoient silencieusement devant leur maison), et dans la "campagne", des masserias (proprietes agricoles) et trullis (des constructions coniques en pierre d'une autre epoque).
Voila, chi va piano va sano, j'ai en meme temps l'impression de galopper, alors j'espere pour lontano... ciao!
samedi 30 juin 2007
La Grece et Epicure
C'est donc des petits plaisirs "epicuriens" que retrouve sur la route de Drama. Comme par exemple en croisant ces gorets qui jouent dans la boue (ca marque la fin des pays musulmans, mais il y a aussi, je crois, quelques pourceaux qui ont traverse l'histoire de la philosophie...). Quel bonheur aussi ce premier bain de mer apres une nuit constellee de moustiques. Ou encore, refaire le monde jusqu'a point d'heure assis sur un tapis, un verre de biere a la main. Et ce sourire intemporel, toute la matinee assis a la terrasse d'un cafe, ou on vient t'apporter une excellente confiture de cerise en guise d'aperitif...
Certains ont vu dans l'hedonisme d'Epicure des justifications a l'anarchisme libertaire...
De coup de fils en aiguillages me voila justement, a Thessalonique, dans le squat d'Yfanet ou arrive, aussi a velo, George l'anarchiste qui a decide de faire partie des 85% "d'improductifs" de notre Societe. Et puis comme les jugements sont souvent faits sur l'apparence, George, la quarantaine, avec sa bonne tete d'Einstein du sud va simplement chercher l'argent ou il est : chez les commercants, plutot aises, a qui il raconte sa vie libre et itinerante. Son auditeur, bien sur aimerait cette vie de boheme, mais ne peut se permettre avec sa famille et son travail. Par contre, il peut l'aider de quelques euros a poursuivre cet ideal libertaire... Par decence, je tairai ses "revenus" mais evidement George n'a pas besoin de "travailler" trop souvent... Tout le monde ne comprend pas le drapeau noir accroche a son velo, mais lui peut vivre avec ses convictions dans cette societe (son anarchisme n'est forcement pas trop militant, ca ne marcherai plus).
La philosophie optimiste d'Epicure a dit que le plaisir est facile a obtenir et la douleur facile a supporter. alors je repprends la route vers les Meteores.
un mot pour la fin... du binome
"Et c est avec ma chloe de cousine que j ai commence fort en Jordanie, remettant petit a petit mes muscles au travail et mes cordes vocales en chanson. Travail debute avec La cecile Roussette quelques semaines au precedant.
Nous avons appreciees et profitees de l hospitalite des jordaniens nous offrant chocolat, cafe, repas, escortes policieres dans les endroits les plus improbables de la terre, discussions germaniques, (parce qu au coeur d un camp de refugies, vous trouvez un homme qui parle l allemand mieux que vous et tient a vous racontez sa vie) et de toutes autres choses de bon gout. Bien que les gens soient bons et beaux, nous avons eu des episodes plus gris, les males ont parfois des frustrations qu ils ont du mal a contenir. Chloe a la gifle rapide, seche, efficace pour parer ce genre de probleme. Rien de grave, je vous assure.
Apparement, meme en voyageant en binome mixte, ce genre de derapage arrive, etant donne qu il m en ait arrve d autres par la suite alors que mon compagnon Philippe etait la.
Ca permet de travailler la reaction et le reflexe.
Etre une fille a velo , est en soi une forme de militantisme ou de feminisme , dans les pays tels que la Palestine, la Jordanie, la Syrie. Vous n en verez pas, autre que des occidentales, pour des raisons traditionnelles, non dites : cela pourrait faire perdre la virginite ou nuire a l enfantement. C est une position un peu osee aussi.
En syrie pourtant, les velos sont nombreux. Les motos et mobylettes aussi, portant 2, 3, 4 personnes s il le faut, des femmes assises en amazone uniquement.
La Jordanie, c etait aussi des portraits du roi Abdellah dans chaque rue, nous avons atteint le must du must en Syrie avec le president Bashar Al Assad. On en reparlera.
Des portraits presentant parfois le roi, en bon pere de famille, en bon musulman, en militaire invincible, en canon de la mode et de la beaute, en sportif muscle et jeune, en roi noble et proche des siens. ils l aiment tous.
C est ce qu ils disent. Ils rajoutent souvent aussi que sa femme est tres belle.
La Jordanie c est aussi les 1000 propositions en mariage pour Chloe, j ai finalement pas reussi a la vendre a bon prix. C est des rencontres incroyables.
-Un gardien de Chateau dans le desert, habitant une petite caravane, meditant jour et nuit. Certainement philosophe. Ouvrant la porte du chateau a environ 3 personnes par jour.
-un jeune a Jerash, qui voulait organiser une vraie equipe, professionnelle de line-roller, dans sa ville, cherchant des sponsorts, connaissant des ruines non-explorees...
-la famille des filles du docteur march, la meme, une famille de 5 filles, tres curieuses des moeurs de dragues en France, 5 filles en attente de mariage...
-Un gardien de musee qui nous a conseille de faire attention au chien , il a mime la facon de mordre d un chien.
-La famille de Mohammed ( un ami palestinien ) , chez qui nous avons assiste a l arangement de deux familles pour le mariage de leurs enfants, il vaut mieux que le jeune homme ait un bon CV.
-Un refugie palestinien qui voulait etudier les sciences politiques et qui a du y renoncer pour gagner de l argent, un homme tres brillant.
-Un jeune egyptien copt qui travaillait dans un hotel restaurant dans un parc et qui revait de retourner dans son pays.
J etais surtout dans un mode de transition, entre la Palestine et cet etat voisin, abritant de nombreux palestiniens, mais vivant en paix. Je realisais a quel point la liberte de circuler et la vie sans peur de l attaque militaire etaient des notions desirables.
Je realiais que ces peuples voisins , aux identites voisines, aux cultures arabes communes, aux religions semblabes ne vivaient pas du tout les memes choses.
Je realisais aussi que les peuples voisins n etaient pas forcement solidaires a la questoin de la Palestine.
Je realisais que ca m omnubilait.
Je realisais que je ne connaitrais qu un tout petit peu de chaque pays, quelques discussions, quelques bout de terre.
L entree en Syrie s est faite le jour du passage de notre president. Je redoutais la frontiere, il me fallait cacher mon passage en israel ( pays ennemi pour la Syrie ) , je craignais les resultats de notre patrie de Lberte-egalite-Fraternite.
Tout s est passe.
J ai eu mal pour notre pays. les Syriens ont tous su ce resultat et surtout, ils savent que " Sarkosy n aime pas les arabes et qu il soutient Israel ".
La Syrie est differente de la Jordanie au sens politique.
Ca pourrait etre une monarchie, c est une republique islamique avec un president qui est le fils du precedent et qui n a pas d opposition, qui a le controle des medias et un controle general sur la ppulation. Demain, dimanche 27, referundum pour affirmer le souhait de garder Bashar Al Assad.
Cela fait une semaine que des danses, des musiques, des affiches de Bashar affirment la joie du peuple a ce nouveau mandat.
Il y a une semaine deja, on voyait des affches dans toutes les vitrines inscrivant "Bashar 2007-2014"Pourtant, le vote a lieu demain. Uniquement les partisans vont voter.
C est assez etonnant de voir des manifestations d ecoliers, dans toute la campagne syrienne, clamer, nous aimons bashar et brandissant des panneaux a son efigie.
C est assez etonnant de savoir que certains lieux, comme des monasteres oecumeniques sont sur ecoute telephonique et que tous leurs mails sont lus.
Malfre tout, ce peuple est hallucinant de generosite, d hospitalite, de gentillesse. Chaque jour nous avons ete invite a diner et dormir dans les familles, pauvres ou riches. Certains osent nous dire leur envie de liberte de penser, d autres approuvent le gouvernement.
Il y aurait telement a dire. Je ne peux que vus conseiller de venir en Syrie.
Demain, nous entrons en Turquie.
Le velo c est la vie.
J aime tellement pedaler et decouvrir par ce biais la. Je sais que m attendent les belles montagnes de Turquie, les muscles s y font..."
mardi 19 juin 2007
Istanbul, pile ou face
- On ne peut en tout cas pas lui enlever sa position symbolique, avec le Bosphore, qui relie l'Europe et l'Asie. et puis ce patrimoine... difficile de rester insensible en entrant a Sainte Sophie, ses dimensions, l'ambiance avec les couleurs, la lumiere.
- Oui, mais tout ca c'est maintenant du musee, c'est un peu mort. Un patrimoine vivant c'est ca qui est important, non? regardes toutes ces vieilles maisons en bois qui sont a l'abandon. Par manque d'argent les heritiers preferent les laisser ou les bruler pour revendre le terrain a des mafias qui en font des parkings, quelle honte! Et il faudra aussi passer voir ces gececondus, les bidonvilles de la peripherie...
- C'est la realite des megapoles, et celle-la s'en tire mieux que Le Caire ou Mexico. Avec son decoupage, c'est plusieurs petites villes cote a cote. et puis il y a toutes ces zones "pietonnes", Istanbul est bien plus sure que Paris meme.
- C'est surtout les policiers qui sont plus cools, il y en a quand meme partout. et puis un autre symptome de la megapole c'est le contraste entre riches et pauvres, avec des loyers au-dessus de ceux de Grenoble et un salaire minimum a 200euros, pas facile pour tout le monde. C'est quand meme triste, avec tout les spectacles a l'affiche de ne pas pouvoir y aller (meme un francais).
- Heureusement il y en a aussi des gratuits et dehors. Et la bonne surprise c'est aussi la cuisine, on est loin du simple chich kebab. Toutes ces soupes, les legumes, les epices, et les patisseries! il faudrait rester des mois juste pour tout gouter.
- La encore, gouter c'est bien, pouvoir le refaire, c'est mieux. Entre la demi journee de cours a 75euros et les restaurateurs qui ne parlent que turc, je n'ose meme plus demander "do you speak english?" je suis fatigue d'entendre "no" en reponse.
- Et eux ont du entendre plus souvent cette question que toi cette reponse, ca doit aussi etre enervant.
- Le fait est que souvent on se sent seul dans tout ce brouhaha
- Les gens ne viennent pas spontanement discuter mais ils sont quand meme bien disponibles, comme Idriss, le responsable de l'asso de calligraphie, il a laisse son boulot toute la matinee, ou Filiz, l'alevie qui est venue juste pour expliquer comment ca se passe dans le cemevi, c'est important...
Difficile de se faire une idee en quelques jours sur Istanbul, le mieux c'est de continuer sa route e t y revenir...
mardi 12 juin 2007
Le Gainsbourg de la poterie
Apres quelques remises en etat de l'homme et son bourr(ic)ot on repprend notre nomadisme depuis Tarsous. Et si la route est agreable c'est sutout par l'enthousiasme qu'on partage a chaque halte. Bien sur les discussions sont basiques, forcement on ne fait que se croiser, et il y a des regles, en Turquie encore je parle peu avec les femmes. Mais l'accueil est tellement "naturel" qu'on a des fois l'impression d'etre attendus!
Pour la Cappadoce (toujours pas l'image), la nature a fait des paysages hallucinants mais il y a aussi un etonnant monde souterrain, derriere un simple trou peut se cacher une eglise, un "garde-manger" immense, voire une ville souterraine creusee dans le tuf... et contre la chaleur, c'est mieux que la clim...
Du cote d'Avanos, la terre sert aussi pour la poterie : certains y font vieillir le vin (celui a la cerise pour l'aperitif est excellent). On y fait aussi de bons plats mijotes : les guvech. D'ailleurs c'est aussi le nom de la "marmite" et de la terre que prend le potier pour la faire... Du coup je me dis que l'endroit est propice a l'apprentissage. Ca tombe bien l'atelier d'Ugur (dire juste "our") s'appelle "chez mon pere" (il etait cordonnier) et il parle assez bien le francais. Ugur aime Gainsbourg, il se tait d'emotion a l'intro des plus beaux morceaux... Comme lui, il est un peu poete, quand il dit par exemple que la cuisson des poteries est bonne quand elles ont la couleur du soleil levant. Comme lui, il aime boire, mais meme bourre, la terre reste docile. Ca n'est pas le cas de son eleve! (desole, j'ai du mal a sentir le cote feminin de la masse...). Et pour l'apprentissage du turc aussi l'eleve est mediocre. Ugur limite alors mon nouveau vocabulaire a "bochver!", en gros "laisse tomber!" et il adore ce mot... Pour finir ce portrait, il se veut un mauvais musulman pratiquant, mais il a vraiment un grand coeur, sa porte est toujours ouverte, surtout pour les gamins du quartier avec qui il va a la peche, au foot ou qu'il initie a son art...
A Avanos il y a d'autres originaux, des barbiers masseurs, mais aussi la plus grande collection de meches de cheveux au monde! et uniquement de femmes... dans une salle voutee, ca fait une decoration plutot "rustique", n'hesitez pas a l'entretenir mesdames...
samedi 26 mai 2007
En Syrie a velo...
Parce que sinon la Syrie a velo c'est un regal!
Pour la traversee de la Jordanie Rucio me servait surtout a relier les differents sites. La tete dans le guidon "jusqu'au prochain hotel". Pour la Syrie il n'y a pas vraiment de passage oblige, c'est plus buccolique et l'hospitalite est ici une question d'honneur... Surtout, je fais la route avec Jeanne qui, entre autres qualites, se debrouille tres bien en arabe (en dehors des villes, il n'y a pas tellement d'anglophone), c'est plus agreable a deux et je suis aussi moins cantonne dans un univers masculin. Du coup : pas mal de velo et d'arrets chez l'habitant.
L'itineraire qu'on a choisi passe par Bosra, avec ses anciennes maisons de pierres noires et son immense amphitheatre. Pour l'anecdote, on nous avait donne un contact sur place, mais des Oussama Magda il y en a plusieurs, du coup on a tres bien mange et dormi, meme si ca n'etait pas le bon... Ensuite Damas et un crochet par Palmyre (en bus) parcequ'il y avait le festival du desert. Mais on a surtout vu la demonstration de force des militaires : si les spectacles etaient gratuits les autres annees, elles sont maintenant a pres de 50 euros pour tout le monde! La suite passe par Marmousa, un monastere perche dans le desert, l'endroit de recceuillement reve, mais - est-ce l'echauffement de la planete? - du ciel on a surtout vu des trombes d'eau... Legerement a gauche en remontant, le krak des chevaliers, une immense forteresse que les francais voulaient acheter!, et puis la vallee de l'Oronte, avec ses gamins et ses camions qui ramenent les femmes des champs, jusqu'a Alep.
Pour finir, il y a dimanche l'election du president syrien, mais ca fait deja quelques jours que le lion Bachar fete son nouveau mandat. Danses, feux d'artifices, les ecoles defilent en chantant sa grandeur avec leurs professeurs qui sont bien sur tous au parti baas... En fait c'est plutot un referendum entre le camp des resignes et ceux qui adherent au systeme. Pour chercher l'opposition, il faut visiter les prisons, mais, meme avec du temps, on ne peut pas tout visiter...
mardi 1 mai 2007
No stamp please
Ce barrage est sur la route de Jerusalem, on revient de Naplouse, ou on a suivit une colonie pour jeunes handicapes de differents camps de refugies. D'ailleurs quasi tous les organisateurs ont fait des mois ou des annees de prison. Et on peut se demander qui sont les plus "fous". Des deux cotes, la schizophrenie d'un peuple qui veut la paix mais glorifie le soldat et des nationalismes obsessionnels qui me desesperent (c'est la premiere chose qui frappe en arrivant : la moitie des voitures et des maisons qui arborent le drapeau israelien!). Cote israelien, il y a en plus une paranoia de l'attaque terroriste.
A Jerusalem je loge chez Ibrahim, un homme qui travaille pour la paix et heberge toutes les bonnes volontes. Mais la aussi, le mot de "paix" n'a pas toujours le meme sens. Un couple juif par exemple me fais remarquer que ma carte du pays, avec les limites de la Palestine, est fausse ; et encore que la presence policiere est gage de securite. L'armee est obligatoire, 2 ans pour les filles et 3 pour les garcons, tous en kaki avec le fusil en bandouliere, ca me donne plutot une impression de guerre civile.
On me dira que la critique est facile, et notre election francaise montre encore que l'endoctrinement vaut aussi chez nous... Il y a aussi, dans cette societe, pas mal d'aspects positifs comme la liberte des femmes, la recherche technique ou le concept de kiboutz. Mais apres ce court passage, je ne peux vraiment pas adherer au camp israelien, alors, sur le passeport comme dans la tete : "no stamp please!"
(plusieurs pays arabes refusent l'entree dans leur pays si le visa israelien est appose sur le passeport)
Je vous mets aussi le lien vers blog de Nadia, une francaise rencontree au camp, qui a choisi son camp... : http://nadouche.blogspot.com
samedi 14 avril 2007
"Grande" Jordanie
Et ce matin il y avait de la grele... Heureusement, a chaque etape, c'est un enthousiasme nouveau.
Aqaba d'abord, quel bout de mer! on nage dans un aquarium! Coraux et poissons de toutes les formes et couleurs, comme un decor de theatre bien vivant... Ils sont la, tranquilles, a quelques centimetres de profondeur, insoupconnes...
Deuxieme etape, autre univers, c'est le desert de Wadi Rum. Des superbes massifs de gres carmin aux stries horizontales scultees par le vent. C'est un "spot" mondial de l'escalade, plutot engagee. C'est quand meme un desert, les distance sont grandes. Le faire en 4x4 c'est pas trop mon truc, mais en regardant le plan du Parc, je m'arrete sur "Help us to protect Wadi Rum"... et me voila, sacs en plastique en main a nettoyer le desert 2 matinees! Je ne sais pas si on appelle ca de l'eco-tourisme, mais apparement ils apprecient : photo pour leur journal, restaurant et bivouac bedouin offerts...
La suite c'est PETRA, une formalite en voiture, 8h sans le moteur pour y arriver... mais le titre espere de "nouvelle Merveille du Monde", elle le merite. Et il n'y a pas que le Kazneh, son tombeau emblematique de gres rose. L'ambiance suivant la lumiere, l'harmonie entre la roche "bariolee" (traduction de son ancien nom) et la main de l'Homme, c'est hallucinant! Le seul regret c'est que pour le bien etre du touriste ils ont reloge les bedouins du site dans un village de beton. Il y a l'eau et l'electricite mais je pense que pas mal de traditions sont perdues au passage. Apparement ils s'en accomodent, tant qu'ils ont les chevres (8000 ans d'elevage quand meme...)
et les bourricots (et chacun le sien, ne serais-ce que pour emmener de quoi faire le the, ou aller a l'ecole pour les gamins...). J'ai bien failli troquer ma montre pour une de ces sacoches de mulet bedouines, elle allait si bien a mon velo! dommage que ca ne soit pas vraiment fonctionnel...
Pour la peine j'ai eu droit a ma premiere crevaison le lendemain sur la route de Dana. Le vieux village est a environ 1000m d'altitude et on se sent coupe du monde : il domine la vallee d'un cote et des falaises le cernent de l'autre. Malheureusement il n'y a plus que quelques familles et de quoi loger les visiteurs, des hotels, mais faits a partir des anciennes maisons retapees. L'interieur aussi est extravagant, chacun y laisse sa petite touche, objets ou inscriptions du monde entier. Et le temps passe, tantot a aider en cuisine ou au menage, tantot farniente ou balade avec d'autres voyageurs. Apres 5 jours je me decide quand meme a repartir, mais si l'Ecole d'Archi veut monter un projet pour la restauration des maisons, je prends mon billet...
Resurrection copte
Ces "egyptiens" se sont discretement convertis au christiannisme a une epoque ou les romains s'en servaient plutot pour les joies du cirque. Ils ont d'ailleurs toujours ete parmis les peuples les plus persecutes et soumis : aujourd'hui encore ils ne sont pas reconnus par l'etat et ne peuvent pas travailler dans la fonction publique.
L'ecriture copte existait en fait depuis 7 siecles avant jesus, elle a ete creee a partir du grec pour retranscrire l'alphabet egyptien (Champolion etait aide...). Et c'est au Ve, avec le concile de chalcedoine (il y a intero apres...), qu'ils representent les chretiens d'Egypte (la "rupture" vient du fait qu'ils croient en un christ d'une seule nature a la fois humaine et divine). Il y a d'autres heresies, qui les separent : le rejet du purgatoire, les confessions collectives a l'encensoir par exemple. Et aussi des "heritages" de l'epoque pharaonique (comme les pleureuses, les offrandes au defunt...), et de la periode monachique du debut : le jeune stricte, les purifications (avec des rituels proches de la magie). Ce qui etonne aussi, c'est l'importance des miracles dans le discours, la devotion a la vierge Marie et aux icones (ils sont souvent une croix ostentatoire tatouee sur le poignet).
Les coptes sont en general orthodoxes (differente de la greco-slave), ils sont tres proches de leur clerge. Par exempl, le divorce est quasi impossible et, s'il y en a un, il faut reellement negocier, que les 2 parties aient des bonnes motivations pour qu'ils acceptent une nouvelle union.
La culture copte se reconnait aussi dans l'art : le tissage serait une invention de chez eux et leur style, un peu comme dans leur peinture, plutot en hachures et degrades qui donnent du relief. Il y a aussi la musique et les chants : lents, repetitifs, avec des claquements de doigts, des petites cymbales, etc. c'est assez spirituel et envoutant dans une eglise... L'architecture des eglises est d'ailleurs specifique, plus cubique... le mieux c'est d'aller voir!
Heureusement, meme si la cohabitation avec les musulmans n'a pas toujours ete facile, leur patrimoine a ete relativement preserve, il a meme tendance a s'etendre. On peut toujours rever que l'Eglise Catholique ameliore ses relations avec le monde arabe par le biais de cette communaute qui compte une diaspora plus importante que le nombre de pratiquants en Egypte. Mais la j'en demande trop.
dimanche 1 avril 2007
d'une mer a l'autre...
Apres avoir vu les temples de Karnac et les tombeaux de la Vallee des Rois, qui sont des "musts" de l'Egypte antique, je me "contente" largement de rester dehors avec les gardiens et les artisans de ces rois modernes : les "blancs", les vallees, desertique ou du Nil, sont en plus superbes en velo. Et pour ne pas etre taxe de radin de francais, c'est au Croissant Rouge que je donne ma contribution...
Ca n'est pas que je sois gave, mais avec la pollution du Caire, il y a comme un appel des grands espaces jordaniens... En quittant le pays, un dernier exemple de l'"egyptian touch" : tu fais la queue pendant 1/2h au guichet des ferries (de la Mer Rouge bien sur), et puis au fur et a mesure que ca s'allonge, une deuxieme file apparait pour le meme guichet, tout ca tourne, a l'ouverture du guichet, en un gros agglomerat de gens, il n'y a plus qu'a aller s'asseoir et attendre... C'est un peu pareil pour le referundum du 26mars, les regles c'est juste de la theorie...
Quand enfin on arrive cote jordanien, un grand merci a Lauren et son precieux compagnon, il y a un bon vent de sable qui s'est leve. mais je veux essayer de remonter le pays a velo, alors 10km de vent de face, la nuit, ca fait un bon bapteme!
Patrimoines compares
La conquete arabe a occupe le sud, et puis avec les Ottomans il y a cission est/ouest. L'architecture est un bon refflet de ces inffluences.
Dans la medina de Tunis, par exemple, on a d'abords l'impression d'un gros fouillis de maisons aveugles, de rues et d'impasses anarchiques. Pour comprendre la genese il faut penser au principe d'intimite, le haram, qui est inscrit dans la loi religieuse, transmis par la coutume et respecte tacitement par les citadins. Le principe de construction c'est la maison a patio, il y a ensuite une "chicane" d'entree plus ou moins longue et complexe, la skifa, ou on recoit le visiteur. C'est en abolissant ces passages controles que le protectorat a "ouvert" les fameux cul-de-sacs. et puis il y a les "grappes de maison", typiquement maghreben, avec des maisons mitoyennes et des murs aveugles, qui peuvent enjamber les rues en formant un passage sous voute, le sabbat. Il faut voir les photos aeriennes pour decouvrir ces amas autours de leur carre de ciel... Le quartier etait organise autours de la mosquee pour vivre d'une facon assez autonome : four a pain, souk, hammam... Et il parait que le contrat de mariage pouvait stipuler que l'epouse n'aurait pas a quitter son quartier!
Changement de decor au Caire. Pendant la periode turque, avec les Mamelouks (XIV/XVe), c'est l'epoque faste des 1001 nuits... Les mosquees s'elancent avec des minarets de differentes formes geometriques qui se superposent , la cour centrale est couverte et les arcs sont rehausses... c'est un peu l'equivalent de notre gothique, avec en meme temps des constructions imposantes et un grand soin dans le detail : motifs geometriques sur les domes, il y a souvent des inscriptions autours des salles et a l'exterieur, et surtout, typiquement mamelouk, la transition entre la salle carree et la coupole hemispherique est faconnee en stalactites (et la je dis que le numerique a du bon, desole de ne pas montrer ces merveilles...). Il y a encore les frises de merlon en pleins et vides symetriques en haut des murs, les moucharabies, les claustras de bois ou fer forge, les portail aux dentelles de bronze etc, etc... bref, quand on est au milieu de tout ca, on sent vraiment une unite dans l'esprit et le rafinement d'une epoque...
Ces deux styles, excellents, sont d'inspiration islamique et s'ils sont bien differents dans les concepts, ils le sont malheureusement aussi dans l'entretien. apres la guerre, la bourgeoisie quitte la medina qui tend alors a la taudification, en reaction l'Association de Sauvegarde de la Medina (www.asmtunis.com) est creee, qui a bien revalorise ce patrimoine. Pour les joyaux islamiques du Caire, l'UNESCO a bien pris des decisions, mais on est en Egypte...
samedi 24 mars 2007
Cimetieres vivants
Il y a une zone, qui n'est pas la plus misereuse, mais assez impressionante, qu'on appelle la "cite des morts". Du temps des Mamelouks, en gros au XVe, ils avaient l'habitude d'aller rendre visite et festoyer avec leurs morts au cimetiere. Ils y avaient construit des "pieces" en dur a cote ou autours des tombes. Avec l'expansion de la ville et de la pauvrete, les gens ont commence a s'installer dans ces constructions et il s'est forme un vrai "village" qui grandit avec le cimetiere... c'est assez etonnant de voir les gens qui vivent comme ca, etendent le linge ou prennent le the a cote des tombes. Cette "dead zone" a ete progressivement alimentee en electricite et en eau courante (on peut voir certains "caveaux" avec la parabole dessus...).
L'autre cimetiere, plebiscite par les touristes, c'est les pyramides de Chephren, Kheops et Mykerinos a Giza. Elles ont ete epargnee par l'urbanisation galopante du Caire mais pas par les visiteurs, ca en est etouffant (il faut quand meme leur reconnaitre une certaine endurance a ces groupes qui enchainent les visites a un rythme effrene). Et puis finallement, est-ce l'attente de voir cette derniere Merveille du Monde "vivante", l'habitude des parois verticales (qui me manquent un peu quand meme), mais les 150m de blocs empiles ne sont finallement pas si epoustouflants. J'imagine qu'avec son revetement de granit (pille pour l'edification de la ville) elles devaient rayonner autrement...
Sitot revenu dans la jungle des klaxons du Caire, je suis alle me reposer les tympans vers Alexandrie. Le glorieux passe de capitale romaine, il faut le creer mentalement. Mais, a l'image de la nouvelle bibliotheque, qui fait un gros travail de numerisation des bouquins (www.bibalex.org), les scandinaves ont reussi une belle integration du passe avec un batiment moderne : salles de lecture et stockage en gradins, symbolique du disque solaire et des langues du monde, etc
Meme si je me sens un peu "batard" a cotoyer difficilement les touristes et les locaux, je remets ca demain avec Louxor...
*Le musee fait un peu amoncellement de pieces, et puis au moindre coin touristique c'est un racket...
Methode de langue?
Par hasard (la, c'est de haz-zahr, le jeu de de), je vois que mon but serait, en arabe, de faire un safari, qui veut dire "bon voyage". Ironiquement d'ailleurs, vu l'intolerance de certaines, c'est le meme mot pour designer l'ambassade et pour voyager : safaraa... De meme pour la douane qui, a l'origine vient simplement de "diwan" (le registre).
Treve de nostalgie, pour aller au bled (=le pays), il faut aussi du flouze (l'argent) - ce qui limite le nombre de voyageurs mesquins (de miskin=pauvre) - et puis, en ces terres pieuses, un chouaya de baraka (qui est, en arabe, la benediction).
Dans la grande comptabilite des mots, il y a les chiffres arabes (le sifr est lui meme le zero), qui ont apporte l'algebre et le calibre, mais aussi la chimie, l'alchimie, l'elixir et meme l'alcool...
On peut y ajouter, dans ce souk des mots, les abricots, epinards et artichauds, le mechoui (=grille) ou la moussaka (=qui est froid), le sorbet (charab c'est la boisson) ou le kawa, mais le plus beau, c'est le loukoum, qui viendrait de l'expression "bien etre du gosier".
Obligation religieuse(?) la nouba (nuba) c'etait a tour de role... pour danser devant les officiers. Et, plus marrant, le matelas vient de matrah : jete a terre...
Et oui, le sens a souvent bien change, tiens : la matraque, c'est le marteau, le taliban (de talib) c'est l'etudiant et le zouave, vient des zwawa, une tribu kabyle. Il y a meme de quoi devenir fou (de fil=l'elephant!) quand on voit que c'est de l'arabe que vient le hashish (=l'herbe) et chercher le roi (al chah) nous conduit a l'echec!
Plutot que d'aller voir un toubib, il vaut mieux se contenter d'un charabia (al gharbiya : celle de l'ouest), d'un simple pataouete (facon de parler des francais d'Algerie, ca vient de "bab-el-oued")
dimanche 18 mars 2007
La ruee vers l'Est
Et meme si visiblement le consulat pouvait aider a prolonger mon visa, j'ai prefere laisser les cites greques de cyrenaique et leur belles histoires... Apres un gros "forcing" de 26h par notre chauffeur pour faire les 2200km entre les 2 capitales (merci aux libyens qui m'ont bien aide pour le visa a la frontiere), on debarque dans cette megapole grouillonnante qu'est Le Caire.
La premiere surprise c'est les hotels qui refusent les touristes... Apparement le tourisme d'ici doit avoir un certain standing puisque le gouvernement interdit aux petits hotels economiques de louer aux etrangers...
Meme s'il y a toujours moyen d'en trouver un plus complaisant, Hanni, un egyptien rencontre en Tunisie, m'a finalement arrange un appartement et plus encore...
la main verte
Il pronne d'abord une democratie participatoire basee sur des comites et congres populaires. ils sont en place mais ne decident pas le budget, surtout pas les revenus du petrole. Et en rejettant la "dictature sous des apparences de democratie" que represente l'election a 51% des voies, il evacue de fait toute opposition politique.
Un autre grand concept est sa vision materialiste : "la terre n'est la propriete de personne" et surtout "la maison appartient a celui qui l'habite", et oui, c'est le squatt legalise! ca empeche d'avoir plus d'une propriete et aussi la location. Les etrangers qui, bien sur, ne font pas partie de cette societe jamahirienne ne sont pas concernes. Et pourtant les etrangers representent 40 a 50% de la population active (un autre slogan enonce "associes et non salaries"). Parce que, s'il n'y a quasiment pas d'analphabete, les centres de formation et ecoles de haute technologie sont aussi inexistantes. Mais quand le petrole est cher, le pays est riche... et le guide sait recompenser ses fideles... (un grand nombre de libyens inactifs peut en fait vivre des revenus d'un petit commerce offert par exemple).
Enfin s'il soutient les opprimes, le droit et la liberte, les femmes, les sciences et les arts... s'il rejette la guerre et l'industrie de l'armement, c'est en temps de paix. L'entrainement pour l'armee civile concerne aussi tout le monde...
(le texte integral est bien sur telechargeable, pas sa realite)
mercredi 14 mars 2007
Les facéties d'Albert
Chiomonte, 12.03.2007
Me voici presque à Grenoble. Partir en van, était-ce une bonne idée ? A l'instant où j'écris ces lignes, c'est grâce à Abert que je suis coincé dans une petite vallée italienne, et la question se pose tout naturellement...
La dernière saute d'humeur d'Albert (du moins « la plus récente ») fut pour le moins originale: il a éjecté une petite boule de feu, enflammant le champ longeant la route. (2 camions de pompier pour éteindre le feu !) Une fois à l'arret, les flamèches sous le capot m'ont convaincues d'y mettre un petit coup d'extincteur. Si l'on oublie les 110€ que coûtent la pièce de rechange, l'arret forcé est plutôt plaisant: ici les gens parlent français, les capuccino y sont de vraies oeuvres d'art, et le cadre est sympathique.
Mais quand même, tous ces efforts sur le van en valent-ils la peine ? Peut-être que Philippe, sur son vélo, est plus à même que moi de répondre à cette question...
Une chose est sûre, tant qu'à acheter un vieux fourgon, mieux vaut éviter de prendre un Boxer ! Les accessoires y cassent les uns après les autres (le moteur semble, lui, plus robuste)
Le van en devient-il une fin plus qu'un moyen ? Pas exactement, les 10 meilleurs jours en Tunisie étaient à Grombalia, où je ne serais jamais allé s'il ne fallait répeindre le fourgon ! Le van reste (je crois) un bon concept pour voyager, reste à connaître les contraintes mécaniques et les contigences matérielles sources de dissention (6 m² seulement!) . Dans tous les cas, il ne faut pas voir le van comme une voiture mobile, mais plus comme une tente que tu plantes pour quelques jours.
Acheter un fourgon tout aménagé aurait peut-être été une bonne idée...
Il n'empêche, «Le moyen fait partie de la vérité, aussi bien que le résultat. Il faut que la recherche de la vérité soit elle même vraie, c'est la vérité déployée, dont les membres épars se réunissent dans le résultat». (Marx).
Trek salam !
Guillaume.
lundi 12 mars 2007
Aller simple Tunis-Tripoli ...
Petit regret aussi d'avoir "manqué" le désert, mais là c'est partie remise...
A Tripoli, l'arrivée est plutôt austère, heureusement l'acceuil du consulat (merci Florent), puis à l'Ecole Française m'ont réconciliés avec les français (entre la négation historique en Algérie et le manque d'ouverture en Tunisie, je n'étais pas trop fièr).
Philippe et Dominique, qui m'accueillent ici, ont rejeté la monotonie de la vie grâce à l'expatriation... Ils recherchent la stabilité dans le mouvement, accompagnés depuis 6 ans par Lory le fiston fougueux mais brillant...
Et Tripoli, question stabilité, c'est pas l'endroit le plus facile. Depuis 2003 et la levée de l'embargo onusien, ça change tous les jours. Déjà avant, la capitale était un pôle d'attraction pour pas mal de pays frontaliers, subsahariens et même asiatiques (la levée de l'embargo a d'ailleurs réduit cette migration pour que la Libye ne soit pas le nouveau Gibraltar). Ce mélange, entre ouverture et protectionnisme, on le ressent bien sûr dans la langue, tout est écrit en arabe et peu de gens parlent anglais (moi y compris). Mais pour ceux qui vivent ici, il y a bien d'autres contraintes, par exemple l'interdiction d'être propriétaire que ce soit d'un commerce ou d'un logement, certains commerces sont réservés aux libyens et presque anecdotiquement, il y a des castes pour les voitures : plaques rouges, noires, jaunes, blanches, carré bleu, ... dis-moi avec quoi tu roules, je te dirai qui tu es ...
Insidieusement, on reste dans sa case, c'est vraiment frustrant en ville, celle de la Mission Laïque française n'est pas trop mal. Cette association enseigne le français à l'élite francophone dans le monde. Dans les classes, il peut y avoir 10 à 15 nationalités pour 20 à 25 élèves! C'est étonnant de voir comment même chez les plus jeunes, il existe des ségrégations.
Philippe a une classe de CM2 , comme pour ce voyage on voulait aussi intervenir dans les écoles, il m'a proposé de leur faire un peu de cours de dessin, sur la perspective et les volumes. Et c'était bien réjouissant de voir les enfants studieux qui remercient à la fin et demandent même des devoirs! Et puis se faire appeler maître, ça titille son égo...
vendredi 9 mars 2007
Entrée des artistes
Bien sûr, les étudiants ne sont pas dupes de ce cirque (certains avaient refusé le projet). La question du jour c'est : est-ce qu'ils pourront revendre ce truc inutile? Et chercher à contacter la firme pour les encourager à plus de réalisme, c'est un peu lancer une bouteille à la mer.
Mais si le "sponsoring" privé ça ne marche pas trop, il ne faut pas compter non plus sur la générosité du ministère. Les étudiants ont bien tenté la grève dernièrement, terminée par des belles promesses. Mais même leur formation n'est sanctionnée que par une attestation de réussite, le système LMD qui va être mis en place n'arrange en rien.
Pour l'anecdote, c'est dans un ancien hôpital psychiatrique qu'a été installée l'école. Et pour les travaux de restauration, ça fait des mois qu'ils ont commencé... par le grand portail d'entrée et les pavés de la cour!
Pourtant ce ne sont pas les idées qui manquent, redécouvrir les musiques traditionnelles du Maghreb ou les mouvements actuels réprimés, ouvrir un ciné-club ou inviter des artistes. Quand il faut des moyens, le projet a peu de chances d'aboutir. Parce que coté "travaux pratiques", l'art tunisien s'anonce plutôt à base de collages, de photogramme (tirage photo sans appareil ni pellicule) et autres "bricolage".
Et pour être plus optimiste, l'étudiant peut soit espérer quitter le pays, soit se dire que dans l'enceinte de l'université la liberté est bien plus grande qu'une fois sorti.
samedi 3 mars 2007
fast food local
- Commencer par cuire les pois chiches (2) avec du sel et de l'ail si vous aimez, c'est 30 minutes je crois s'ils ont trempé la nuit.
- Emmiéter un bon morceau de pain (3) dans le bol. Dans l'épicerie, on prend plutôt le gros, rond, et à laisser sécher un peu.
- Verser du jus de cuisson, avec une petite louche des légumes, pour couvrir le pain.
- Ajouter la cuillère à café de harissa (4), la cc de cumin (selon le goût mais c'est ça qui donne sa saveur), le petit verre d'huile d'olive (par personne!) (5), et l'oeuf (6), en général cru, mais il n'est pas indispensable.
- bien touiller avec 2 cuillères, c'est plus une bouillie bien épaisse qu'une soupe, mais ça cale et c'est bon.
Bon app'
(1) ok, le pois chiche est "localement" autours de la Méditerranée, d'ailleurs elle me rappelle une bonne soupe portugaise de mon enfance.
(2) mais si c'est bien le pois chiche, c'est plein de fibres, des protéines végétales, vitamines, minéraux, c'est pauvre en graisse et sans cholestérol... en plus ça fait un plat végétarien et pas cher!
(3) En Tunisie, on mange du pain en quantité industrielle. Il remplace même la fourchette pour salades, plats en sauce...
(4) La harissa est le deuxième ingrédient de base en Tunisie
(5) L'huile d'olive est le troisième impondérable, la consommation moyenne doit être autours de 100L par an pour une famille...
(6) Vu la consommation d'oeufs, les diététiciens tunisiens ont du travail en perspective.