samedi 14 avril 2007

"Grande" Jordanie

Hier, je n'avais "que" 80 km pour relier Dana a Kerak, mais par La Route du Roi ca veut dire au moins 4h de montees et 1h heure de descentes... Elle est charmante cette route, mais avec le vent froid de N-W permanent (entre de face et de biais), meme les "hello" des gamins sur le bord de la route finissent par ressembler a un harcelement! Je comprends mieux pourquoi on m'avait dit qu'un cycliste en Jordanie, c'est soit un Allemand, soit un Francais...
Et ce matin il y avait de la grele... Heureusement, a chaque etape, c'est un enthousiasme nouveau.
Aqaba d'abord, quel bout de mer! on nage dans un aquarium! Coraux et poissons de toutes les formes et couleurs, comme un decor de theatre bien vivant... Ils sont la, tranquilles, a quelques centimetres de profondeur, insoupconnes...
Deuxieme etape, autre univers, c'est le desert de Wadi Rum. Des superbes massifs de gres carmin aux stries horizontales scultees par le vent. C'est un "spot" mondial de l'escalade, plutot engagee. C'est quand meme un desert, les distance sont grandes. Le faire en 4x4 c'est pas trop mon truc, mais en regardant le plan du Parc, je m'arrete sur "Help us to protect Wadi Rum"... et me voila, sacs en plastique en main a nettoyer le desert 2 matinees! Je ne sais pas si on appelle ca de l'eco-tourisme, mais apparement ils apprecient : photo pour leur journal, restaurant et bivouac bedouin offerts...
La suite c'est PETRA, une formalite en voiture, 8h sans le moteur pour y arriver... mais le titre espere de "nouvelle Merveille du Monde", elle le merite. Et il n'y a pas que le Kazneh, son tombeau emblematique de gres rose. L'ambiance suivant la lumiere, l'harmonie entre la roche "bariolee" (traduction de son ancien nom) et la main de l'Homme, c'est hallucinant! Le seul regret c'est que pour le bien etre du touriste ils ont reloge les bedouins du site dans un village de beton. Il y a l'eau et l'electricite mais je pense que pas mal de traditions sont perdues au passage. Apparement ils s'en accomodent, tant qu'ils ont les chevres (8000 ans d'elevage quand meme...)
et les bourricots (et chacun le sien, ne serais-ce que pour emmener de quoi faire le the, ou aller a l'ecole pour les gamins...). J'ai bien failli troquer ma montre pour une de ces sacoches de mulet bedouines, elle allait si bien a mon velo! dommage que ca ne soit pas vraiment fonctionnel...
Pour la peine j'ai eu droit a ma premiere crevaison le lendemain sur la route de Dana. Le vieux village est a environ 1000m d'altitude et on se sent coupe du monde : il domine la vallee d'un cote et des falaises le cernent de l'autre. Malheureusement il n'y a plus que quelques familles et de quoi loger les visiteurs, des hotels, mais faits a partir des anciennes maisons retapees. L'interieur aussi est extravagant, chacun y laisse sa petite touche, objets ou inscriptions du monde entier. Et le temps passe, tantot a aider en cuisine ou au menage, tantot farniente ou balade avec d'autres voyageurs. Apres 5 jours je me decide quand meme a repartir, mais si l'Ecole d'Archi veut monter un projet pour la restauration des maisons, je prends mon billet...

Resurrection copte

En cette periode de rejouissances chretiennes, je vais revenir un peu en arriere, au Caire. Hanni, mon hote, ami et guide, m'a aussi fait connaitre certains aspects de la communaute copte qui est toujours bien fervente en Egypte (et la messe copte est bien longue...).
Ces "egyptiens" se sont discretement convertis au christiannisme a une epoque ou les romains s'en servaient plutot pour les joies du cirque. Ils ont d'ailleurs toujours ete parmis les peuples les plus persecutes et soumis : aujourd'hui encore ils ne sont pas reconnus par l'etat et ne peuvent pas travailler dans la fonction publique.
L'ecriture copte existait en fait depuis 7 siecles avant jesus, elle a ete creee a partir du grec pour retranscrire l'alphabet egyptien (Champolion etait aide...). Et c'est au Ve, avec le concile de chalcedoine (il y a intero apres...), qu'ils representent les chretiens d'Egypte (la "rupture" vient du fait qu'ils croient en un christ d'une seule nature a la fois humaine et divine). Il y a d'autres heresies, qui les separent : le rejet du purgatoire, les confessions collectives a l'encensoir par exemple. Et aussi des "heritages" de l'epoque pharaonique (comme les pleureuses, les offrandes au defunt...), et de la periode monachique du debut : le jeune stricte, les purifications (avec des rituels proches de la magie). Ce qui etonne aussi, c'est l'importance des miracles dans le discours, la devotion a la vierge Marie et aux icones (ils sont souvent une croix ostentatoire tatouee sur le poignet).
Les coptes sont en general orthodoxes (differente de la greco-slave), ils sont tres proches de leur clerge. Par exempl, le divorce est quasi impossible et, s'il y en a un, il faut reellement negocier, que les 2 parties aient des bonnes motivations pour qu'ils acceptent une nouvelle union.
La culture copte se reconnait aussi dans l'art : le tissage serait une invention de chez eux et leur style, un peu comme dans leur peinture, plutot en hachures et degrades qui donnent du relief. Il y a aussi la musique et les chants : lents, repetitifs, avec des claquements de doigts, des petites cymbales, etc. c'est assez spirituel et envoutant dans une eglise... L'architecture des eglises est d'ailleurs specifique, plus cubique... le mieux c'est d'aller voir!
Heureusement, meme si la cohabitation avec les musulmans n'a pas toujours ete facile, leur patrimoine a ete relativement preserve, il a meme tendance a s'etendre. On peut toujours rever que l'Eglise Catholique ameliore ses relations avec le monde arabe par le biais de cette communaute qui compte une diaspora plus importante que le nombre de pratiquants en Egypte. Mais la j'en demande trop.

dimanche 1 avril 2007

d'une mer a l'autre...

C'est vrai qu'ils sont impressionants et pleins de mysteres ces temples multimillenaires et ces tombeaux sacres, j'imagine l'enthousiasme des explorateurs d'enigmes et de tresors caches qui se sont succedes... ce que je comprends moins, c'est l'engouement du visiteur, cette mission qu'il s'assigne de voir le maximum de sites, egyptologues ephemeres sur les traces de Bonaparte...
Apres avoir vu les temples de Karnac et les tombeaux de la Vallee des Rois, qui sont des "musts" de l'Egypte antique, je me "contente" largement de rester dehors avec les gardiens et les artisans de ces rois modernes : les "blancs", les vallees, desertique ou du Nil, sont en plus superbes en velo. Et pour ne pas etre taxe de radin de francais, c'est au Croissant Rouge que je donne ma contribution...
Ca n'est pas que je sois gave, mais avec la pollution du Caire, il y a comme un appel des grands espaces jordaniens... En quittant le pays, un dernier exemple de l'"egyptian touch" : tu fais la queue pendant 1/2h au guichet des ferries (de la Mer Rouge bien sur), et puis au fur et a mesure que ca s'allonge, une deuxieme file apparait pour le meme guichet, tout ca tourne, a l'ouverture du guichet, en un gros agglomerat de gens, il n'y a plus qu'a aller s'asseoir et attendre... C'est un peu pareil pour le referundum du 26mars, les regles c'est juste de la theorie...
Quand enfin on arrive cote jordanien, un grand merci a Lauren et son precieux compagnon, il y a un bon vent de sable qui s'est leve. mais je veux essayer de remonter le pays a velo, alors 10km de vent de face, la nuit, ca fait un bon bapteme!

Patrimoines compares

La culture mediterraneenne c'est une mosaique, tantot unifiee, tantot fractionnee.
La conquete arabe a occupe le sud, et puis avec les Ottomans il y a cission est/ouest. L'architecture est un bon refflet de ces inffluences.
Dans la medina de Tunis, par exemple, on a d'abords l'impression d'un gros fouillis de maisons aveugles, de rues et d'impasses anarchiques. Pour comprendre la genese il faut penser au principe d'intimite, le haram, qui est inscrit dans la loi religieuse, transmis par la coutume et respecte tacitement par les citadins. Le principe de construction c'est la maison a patio, il y a ensuite une "chicane" d'entree plus ou moins longue et complexe, la skifa, ou on recoit le visiteur. C'est en abolissant ces passages controles que le protectorat a "ouvert" les fameux cul-de-sacs. et puis il y a les "grappes de maison", typiquement maghreben, avec des maisons mitoyennes et des murs aveugles, qui peuvent enjamber les rues en formant un passage sous voute, le sabbat. Il faut voir les photos aeriennes pour decouvrir ces amas autours de leur carre de ciel... Le quartier etait organise autours de la mosquee pour vivre d'une facon assez autonome : four a pain, souk, hammam... Et il parait que le contrat de mariage pouvait stipuler que l'epouse n'aurait pas a quitter son quartier!
Changement de decor au Caire. Pendant la periode turque, avec les Mamelouks (XIV/XVe), c'est l'epoque faste des 1001 nuits... Les mosquees s'elancent avec des minarets de differentes formes geometriques qui se superposent , la cour centrale est couverte et les arcs sont rehausses... c'est un peu l'equivalent de notre gothique, avec en meme temps des constructions imposantes et un grand soin dans le detail : motifs geometriques sur les domes, il y a souvent des inscriptions autours des salles et a l'exterieur, et surtout, typiquement mamelouk, la transition entre la salle carree et la coupole hemispherique est faconnee en stalactites (et la je dis que le numerique a du bon, desole de ne pas montrer ces merveilles...). Il y a encore les frises de merlon en pleins et vides symetriques en haut des murs, les moucharabies, les claustras de bois ou fer forge, les portail aux dentelles de bronze etc, etc... bref, quand on est au milieu de tout ca, on sent vraiment une unite dans l'esprit et le rafinement d'une epoque...
Ces deux styles, excellents, sont d'inspiration islamique et s'ils sont bien differents dans les concepts, ils le sont malheureusement aussi dans l'entretien. apres la guerre, la bourgeoisie quitte la medina qui tend alors a la taudification, en reaction l'Association de Sauvegarde de la Medina (www.asmtunis.com) est creee, qui a bien revalorise ce patrimoine. Pour les joyaux islamiques du Caire, l'UNESCO a bien pris des decisions, mais on est en Egypte...

samedi 24 mars 2007

Cimetieres vivants

L'Egypte a toujours ete un pays convoite, souvent domine, ou cohabitent des tres riches et des tres pauvres, que ce soit du temps des pharaons, des romains ou des ottomans... A une autre echelle, il y a maintenant le touriste avide qui vient se ruer sur ces vestiges du passe. Mais a cote de ces debauches d'or* de palais ou de tombeau "merveilleux", il y a une misere comme rarement je l'ai ressentie, c'est bien sur accentue par le contraste.
Il y a une zone, qui n'est pas la plus misereuse, mais assez impressionante, qu'on appelle la "cite des morts". Du temps des Mamelouks, en gros au XVe, ils avaient l'habitude d'aller rendre visite et festoyer avec leurs morts au cimetiere. Ils y avaient construit des "pieces" en dur a cote ou autours des tombes. Avec l'expansion de la ville et de la pauvrete, les gens ont commence a s'installer dans ces constructions et il s'est forme un vrai "village" qui grandit avec le cimetiere... c'est assez etonnant de voir les gens qui vivent comme ca, etendent le linge ou prennent le the a cote des tombes. Cette "dead zone" a ete progressivement alimentee en electricite et en eau courante (on peut voir certains "caveaux" avec la parabole dessus...).
L'autre cimetiere, plebiscite par les touristes, c'est les pyramides de Chephren, Kheops et Mykerinos a Giza. Elles ont ete epargnee par l'urbanisation galopante du Caire mais pas par les visiteurs, ca en est etouffant (il faut quand meme leur reconnaitre une certaine endurance a ces groupes qui enchainent les visites a un rythme effrene). Et puis finallement, est-ce l'attente de voir cette derniere Merveille du Monde "vivante", l'habitude des parois verticales (qui me manquent un peu quand meme), mais les 150m de blocs empiles ne sont finallement pas si epoustouflants. J'imagine qu'avec son revetement de granit (pille pour l'edification de la ville) elles devaient rayonner autrement...
Sitot revenu dans la jungle des klaxons du Caire, je suis alle me reposer les tympans vers Alexandrie. Le glorieux passe de capitale romaine, il faut le creer mentalement. Mais, a l'image de la nouvelle bibliotheque, qui fait un gros travail de numerisation des bouquins (www.bibalex.org), les scandinaves ont reussi une belle integration du passe avec un batiment moderne : salles de lecture et stockage en gradins, symbolique du disque solaire et des langues du monde, etc
Meme si je me sens un peu "batard" a cotoyer difficilement les touristes et les locaux, je remets ca demain avec Louxor...

*Le musee fait un peu amoncellement de pieces, et puis au moindre coin touristique c'est un racket...

Methode de langue?

Connaissez-vous Henriette Walter? Elle nous apprend, d'une facon ludique, l'influence de l'arabe et d'autres dialectes barbares sur le francais (et inversement).
Par hasard (la, c'est de haz-zahr, le jeu de de), je vois que mon but serait, en arabe, de faire un safari, qui veut dire "bon voyage". Ironiquement d'ailleurs, vu l'intolerance de certaines, c'est le meme mot pour designer l'ambassade et pour voyager : safaraa... De meme pour la douane qui, a l'origine vient simplement de "diwan" (le registre).
Treve de nostalgie, pour aller au bled (=le pays), il faut aussi du flouze (l'argent) - ce qui limite le nombre de voyageurs mesquins (de miskin=pauvre) - et puis, en ces terres pieuses, un chouaya de baraka (qui est, en arabe, la benediction).
Dans la grande comptabilite des mots, il y a les chiffres arabes (le sifr est lui meme le zero), qui ont apporte l'algebre et le calibre, mais aussi la chimie, l'alchimie, l'elixir et meme l'alcool...
On peut y ajouter, dans ce souk des mots, les abricots, epinards et artichauds, le mechoui (=grille) ou la moussaka (=qui est froid), le sorbet (charab c'est la boisson) ou le kawa, mais le plus beau, c'est le loukoum, qui viendrait de l'expression "bien etre du gosier".
Obligation religieuse(?) la nouba (nuba) c'etait a tour de role... pour danser devant les officiers. Et, plus marrant, le matelas vient de matrah : jete a terre...
Et oui, le sens a souvent bien change, tiens : la matraque, c'est le marteau, le taliban (de talib) c'est l'etudiant et le zouave, vient des zwawa, une tribu kabyle. Il y a meme de quoi devenir fou (de fil=l'elephant!) quand on voit que c'est de l'arabe que vient le hashish (=l'herbe) et chercher le roi (al chah) nous conduit a l'echec!
Plutot que d'aller voir un toubib, il vaut mieux se contenter d'un charabia (al gharbiya : celle de l'ouest), d'un simple pataouete (facon de parler des francais d'Algerie, ca vient de "bab-el-oued")

dimanche 18 mars 2007

La ruee vers l'Est

Depart "a l'arrache" de Libye, est-ce pour quitter sans regret ceux qu'on a apprecie? merci encore pour ce sejour...
Et meme si visiblement le consulat pouvait aider a prolonger mon visa, j'ai prefere laisser les cites greques de cyrenaique et leur belles histoires... Apres un gros "forcing" de 26h par notre chauffeur pour faire les 2200km entre les 2 capitales (merci aux libyens qui m'ont bien aide pour le visa a la frontiere), on debarque dans cette megapole grouillonnante qu'est Le Caire.
La premiere surprise c'est les hotels qui refusent les touristes... Apparement le tourisme d'ici doit avoir un certain standing puisque le gouvernement interdit aux petits hotels economiques de louer aux etrangers...
Meme s'il y a toujours moyen d'en trouver un plus complaisant, Hanni, un egyptien rencontre en Tunisie, m'a finalement arrange un appartement et plus encore...

la main verte

37 ans qu'il est en place, c'est placarde partout... Comme en Tunisie, la figure protectrice de Kadhafi est la. Pas que son portrait, le vert de l'islam couvre les batiments, son drapeau les relie a la rue... Des sa prise de pouvoir, le but etait de mettre en place un panarabisme nasserien et lutter contre la domination occidentale (expropriations, interdiction de l'alphabet et la musique occidentale, reislamisation...). En 73, il donne au monde sa vision du socialisme dans le livre vert en 3 parties (politique, economique et sociale). Et, comme souvent en theorie, il y a de bonnes idees.
Il pronne d'abord une democratie participatoire basee sur des comites et congres populaires. ils sont en place mais ne decident pas le budget, surtout pas les revenus du petrole. Et en rejettant la "dictature sous des apparences de democratie" que represente l'election a 51% des voies, il evacue de fait toute opposition politique.
Un autre grand concept est sa vision materialiste : "la terre n'est la propriete de personne" et surtout "la maison appartient a celui qui l'habite", et oui, c'est le squatt legalise! ca empeche d'avoir plus d'une propriete et aussi la location. Les etrangers qui, bien sur, ne font pas partie de cette societe jamahirienne ne sont pas concernes. Et pourtant les etrangers representent 40 a 50% de la population active (un autre slogan enonce "associes et non salaries"). Parce que, s'il n'y a quasiment pas d'analphabete, les centres de formation et ecoles de haute technologie sont aussi inexistantes. Mais quand le petrole est cher, le pays est riche... et le guide sait recompenser ses fideles... (un grand nombre de libyens inactifs peut en fait vivre des revenus d'un petit commerce offert par exemple).
Enfin s'il soutient les opprimes, le droit et la liberte, les femmes, les sciences et les arts... s'il rejette la guerre et l'industrie de l'armement, c'est en temps de paix. L'entrainement pour l'armee civile concerne aussi tout le monde...

(le texte integral est bien sur telechargeable, pas sa realite)

mercredi 14 mars 2007

Les facéties d'Albert

Chiomonte, 12.03.2007


Me voici presque à Grenoble. Partir en van, était-ce une bonne idée ? A l'instant où j'écris ces lignes, c'est grâce à Abert que je suis coincé dans une petite vallée italienne, et la question se pose tout naturellement...


La dernière saute d'humeur d'Albert (du moins « la plus récente ») fut pour le moins originale: il a éjecté une petite boule de feu, enflammant le champ longeant la route. (2 camions de pompier pour éteindre le feu !) Une fois à l'arret, les flamèches sous le capot m'ont convaincues d'y mettre un petit coup d'extincteur. Si l'on oublie les 110€ que coûtent la pièce de rechange, l'arret forcé est plutôt plaisant: ici les gens parlent français, les capuccino y sont de vraies oeuvres d'art, et le cadre est sympathique.


Mais quand même, tous ces efforts sur le van en valent-ils la peine ? Peut-être que Philippe, sur son vélo, est plus à même que moi de répondre à cette question...
Une chose est sûre, tant qu'à acheter un vieux fourgon, mieux vaut éviter de prendre un Boxer ! Les accessoires y cassent les uns après les autres (le moteur semble, lui, plus robuste)
Le van en devient-il une fin plus qu'un moyen ? Pas exactement, les 10 meilleurs jours en Tunisie étaient à Grombalia, où je ne serais jamais allé s'il ne fallait répeindre le fourgon ! Le van reste (je crois) un bon concept pour voyager, reste à connaître les contraintes mécaniques et les contigences matérielles sources de dissention (6 m² seulement!) . Dans tous les cas, il ne faut pas voir le van comme une voiture mobile, mais plus comme une tente que tu plantes pour quelques jours.


Acheter un fourgon tout aménagé aurait peut-être été une bonne idée...
Il n'empêche, «Le moyen fait partie de la vérité, aussi bien que le résultat. Il faut que la recherche de la vérité soit elle même vraie, c'est la vérité déployée, dont les membres épars se réunissent dans le résultat». (Marx).


Trek salam !


Guillaume.

lundi 12 mars 2007

Aller simple Tunis-Tripoli ...

Petite pensée émue pour les étudiants. Hé! Elyès, Hichem, Wajih, Dali, Moddher, Issam, Bachir et tous les autres... bonne chance pour vos projets! E Hasta la vitoria!
Petit regret aussi d'avoir "manqué" le désert, mais là c'est partie remise...
A Tripoli, l'arrivée est plutôt austère, heureusement l'acceuil du consulat (merci Florent), puis à l'Ecole Française m'ont réconciliés avec les français (entre la négation historique en Algérie et le manque d'ouverture en Tunisie, je n'étais pas trop fièr).
Philippe et Dominique, qui m'accueillent ici, ont rejeté la monotonie de la vie grâce à l'expatriation... Ils recherchent la stabilité dans le mouvement, accompagnés depuis 6 ans par Lory le fiston fougueux mais brillant...
Et Tripoli, question stabilité, c'est pas l'endroit le plus facile. Depuis 2003 et la levée de l'embargo onusien, ça change tous les jours. Déjà avant, la capitale était un pôle d'attraction pour pas mal de pays frontaliers, subsahariens et même asiatiques (la levée de l'embargo a d'ailleurs réduit cette migration pour que la Libye ne soit pas le nouveau Gibraltar). Ce mélange, entre ouverture et protectionnisme, on le ressent bien sûr dans la langue, tout est écrit en arabe et peu de gens parlent anglais (moi y compris). Mais pour ceux qui vivent ici, il y a bien d'autres contraintes, par exemple l'interdiction d'être propriétaire que ce soit d'un commerce ou d'un logement, certains commerces sont réservés aux libyens et presque anecdotiquement, il y a des castes pour les voitures : plaques rouges, noires, jaunes, blanches, carré bleu, ... dis-moi avec quoi tu roules, je te dirai qui tu es ...
Insidieusement, on reste dans sa case, c'est vraiment frustrant en ville, celle de la Mission Laïque française n'est pas trop mal. Cette association enseigne le français à l'élite francophone dans le monde. Dans les classes, il peut y avoir 10 à 15 nationalités pour 20 à 25 élèves! C'est étonnant de voir comment même chez les plus jeunes, il existe des ségrégations.
Philippe a une classe de CM2 , comme pour ce voyage on voulait aussi intervenir dans les écoles, il m'a proposé de leur faire un peu de cours de dessin, sur la perspective et les volumes. Et c'était bien réjouissant de voir les enfants studieux qui remercient à la fin et demandent même des devoirs! Et puis se faire appeler maître, ça titille son égo...